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le cancer colorectal
Quelques faits sur le cancer colorectal
Le cancer colorectal touche le côlon et le rectum, deux portions de l'intestin. Il s'installe lorsque les cellules qui tapissent l'intestin commencent à se multiplier de façon anarchique, lésant les tissus sains.
Lorsqu'il traite les aliments, le tube digestif absorbe les nutriments et élimine les déchets solides. L'intestin fait partie du tube digestif. Il a pour fonction de retirer l'eau des déchets solides (dans le côlon) et d'emmagasiner ces déchets (dans le rectum) jusqu'à leur évacuation par l'expulsion des matières fécales.
En règle générale, le cancer colorectal naît d'une excroissance (polype) qui se développe dans les tissus tapissant le côlon. Toutefois, ce ne sont pas tous les polypes qui se transforment en cancer : en effet, cela se produit dans environ un cas sur vingt seulement. Un polype devient cancéreux lorsqu'il se développe de façon anarchique en raison d'une altération de son ADN. Un polype peut être présent pendant des années sans devenir cancéreux.
Il importe au plus haut point de déceler les polypes tôt, avant qu'un cancer se développe et se propage à distance.
Facteurs de risque
Divers facteurs peuvent accroître le risque d'apparition d'un cancer colorectal, notamment :
- l'âge (plus de 50 ans) ;
- la présence actuelle ou passée de polypes colorectaux ;
- la présence actuelle ou passée d'un cancer colorectal chez un membre de la famille ;
- les antécédents de cancer des ovaires, de l'endomètre ou du sein ;
- la présence d'une maladie inflammatoire chronique de l'intestin (rectocolite hémorragique ou maladie de Crohn) ;
- une alimentation trop riche en viande rouge ;
- une alimentation pauvre en fruits et légumes ;
- une alimentation pauvre en fibres ;
- le manque d'exercice ;
- le tabagisme.
Si vous présentez l'un de ces facteurs de risque, demandez à votre médecin si vous devriez vous soumettre à un dépistage du cancer colorectal. Et si aucun de ces facteurs de risque ne s'applique à vous, sachez que dans bien des cas, le cancer colorectal survient chez des personnes exemptes de facteurs de risque.
Symptômes
Au début, le cancer colorectal ne cause habituellement aucun symptôme. À un stade plus avancé, il peut donner lieu aux manifestations que voici :
- présence de sang (rougeâtre ou noir) dans les selles ou saignements dans le rectum ;
- diarrhée, constipation ou autres modifications des habitudes d'élimination ;
- fatigue et faiblesse (qui peuvent être des signes d'anémie) ;
- perte de poids inexpliquée ;
- selles plus étroites qu'à l'habitude ;
- sensation d'évacuation incomplète ; et
- crampes abdominales, ballonnements et sensation de plénitude.
C'est au stade précoce que le cancer colorectal est le plus facile à traiter. À ce stade, toutefois, les symptômes ne sont pas forcément perceptibles ; aussi est-il important de se soumettre régulièrement à une épreuve de dépistage, conformément aux recommandations du médecin.
Diagnostic
Le principal test de dépistage pour les personnes fortement exposées au cancer colorectal est la coloscopie. Pour réaliser ce test, on introduit dans le côlon un endoscope, instrument souple muni d'un tube optique, afin d'y rechercher des saignements, des polypes ou des tumeurs. L'examen peut se révéler légèrement désagréable, mais ne devrait pas être douloureux. S'il repère des excroissances, le médecin procédera à un prélèvement (biopsie).
On a récemment mis au point une nouvelle technique appelée coloscopie virtuelle. Cet examen permet d'obtenir une image de l'intérieur du côlon par tomodensitométrie (communément appelée scan). D'autres méthodes de dépistage sont à l'étude, notamment des tests portant sur l'ADN et le sérum.
Chez les personnes exposées à un risque faible ou moyen de cancer colorectal, on procède à la recherche de sang occulte dans les selles. Ce test, effectué à la maison, permet de déceler dans les selles la présence de traces de sang invisibles à l'œil nu. Si le résultat est positif, on exécutera une coloscopie afin de vérifier si le côlon renferme des polypes ou des signes évocateurs d'un cancer.
Demandez à votre médecin si vous devriez vous soumettre à un dépistage du cancer colorectal.
Afin d'établir votre pronostic (probabilités de guérison) et de choisir le traitement le mieux adapté, le médecin doit définir le stade du cancer. La stadification du cancer consiste à déterminer si le cancer s'est propagé et, dans l'affirmative, jusqu'où et vers quelle partie du corps.
Il existe deux méthodes de stadification du cancer colorectal.
Classification de Dukes : On attribue au cancer une lettre de A à D. « A » correspond au stade le moins avancé et « D », à la forme la plus avancée du cancer colorectal. Ainsi, un cancer de stade D a traversé la paroi du côlon et s'est disséminé vers les ganglions lymphatiques et des organes éloignés (p. ex. le foie et les poumons).
Classification TNM : Dans cette classification, on attribue au cancer un score alphanumérique indiquant la profondeur à laquelle la tumeur s'est immiscée dans la paroi intestinale (T), le nombre de ganglions lymphatiques atteints (N) et la dissémination à distance du cancer (M). Par exemple, un cancer de stade T4N2M1 a traversé la paroi du côlon, puis s'est propagé vers les ganglions lymphatiques et s'est disséminé à distance.
Votre médecin peut vous expliquer à quel stade en est votre cancer et vous dire ce qu'il faut en conclure en ce qui touche le pronostic et le traitement. Pour en savoir davantage sur la stadification du cancer colorectal, consultez votre médecin.
Il existe divers traitements contre le cancer colorectal à un stade précoce, notamment la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie.
La chirurgie, traitement le plus courant du cancer colorectal à un stade précoce, conduit souvent à la guérison. Moins le cancer est avancé, plus les probabilités de guérison par la chirurgie sont grandes.
L'intervention chirurgicale permet de retirer la tumeur et une partie des tissus avoisinants. Si la partie du côlon retirée n'est pas trop grosse, le chirurgien pourra recoudre ensemble les parties saines de l'intestin. Le cas échéant, le patient pourra retrouver une fonction intestinale normale.
Toutefois, si la partie enlevée est trop grosse, le chirurgien ne pourra peut-être pas reconstituer l'intestin, et le patient devra subir une colostomie : le bout du côlon est rattaché à une ouverture pratiquée dans la paroi abdominale, et les déchets solides de l'organisme passent directement du côlon à un sac.
La chimiothérapie est la destruction des cellules cancéreuses par des médicaments. Elle peut remplir diverses fonctions dans le cancer colorectal.
Chimiothérapie adjuvante : On prescrit ce type de chimiothérapie après une intervention chirurgicale, en général pendant six mois, afin de réduire le risque de réapparition de la maladie.
La chimiothérapie adjuvante consiste habituellement en la prise de doses déterminées de médicaments pendant une période définie. Un « schéma de traitement » correspond à une association donnée de médicaments administrés à une dose et pendant une durée définies.
Les schémas et les agents d'emploi courant dans la chimiothérapie adjuvante du cancer colorectal sont :
- FOLFOX (association de leucovorine, de 5-fluorouracile [également appelé «5 FU ] et d'oxaliplatine) ;
- 5 FU et leucovorine ; et capécitabine.
Chimiothérapie néo-adjuvante : Parfois, on a recours à la chimiothérapie pour faire rétrécir la tumeur et en faciliter l'ablation par voie chirurgicale. On peut appliquer cette méthode dans le cas d'un cancer du rectum, par exemple. On associe la radiothérapie à la chimiothérapie.
Dans le cas d'un cancer du rectum, on peut recourir à la radiothérapie avant ou après une intervention chirurgicale afin de diminuer le risque de réapparition de la maladie.
Diverses possibilités de traitement s'offrent aux personnes atteintes d'un cancer du côlon à un stade précoce. Pour en savoir davantage, consultez le document « La vie avec le cancer colorectal ». Vous devez également parler avec votre médecin des traitements possibles ainsi que de leurs risques et de leurs avantages. Tout traitement peut entraîner des effets secondaires, mais ces effets peuvent être évitables, traitables ou réversibles. Renseignez-vous sur les effets secondaires possibles des traitements contre le cancer et sur les solutions pour composer avec ces manifestations.
Traitement en cas de propagation du cancer
Si le cancer colorectal s'est disséminé à distance (« cancer colorectal métastatique »), le traitement sera fonction du siège des métastases, c'est-à-dire de l'endroit où le cancer s'est propagé.
Si le cancer s'est étendu uniquement vers le foie ou les poumons, l'intervention chirurgicale est le seul traitement susceptible de mener à la guérison.
La chimiothérapie est utilisée dans les cas où le cancer colorectal métastatique n'est pas traitable par voie chirurgicale.
La chimiothérapie du cancer colorectal métastatique ne peut pas guérir le patient. Son rôle est plutôt de prolonger la vie, de soulager les symptômes et de rehausser la qualité de vie du patient. Il arrive que la chimiothérapie fasse rétrécir la tumeur suffisamment pour qu'on puisse l'enlever par chirurgie.
Les agents chimiothérapeutiques sont souvent prescrits en association dans le cadre de « schémas » qui définissent la dose de chaque médicament et la fréquence d'administration du traitement. Lorsqu'ils parlent de ces schémas, les médecins utilisent souvent des acronymes qui reflètent les médicaments les constituant. Ces schémas sont d'emploi courant dans le cancer colorectal métastatique :
- FOLFIRI : 5 fluorouracile, leucovorine et irinotécan ; et
- FOLFOX : 5 fluorouracile, leucovorine et oxaliplatine.
Parmi les autres médicaments qui peuvent être prescrits en cas de cancer colorectal métastatique, notons le bevacizumab , la capécitabine et l'irinotécan .
Dans certains cas, on peut recourir à la radiothérapie pour soulager la douleur ou les saignements dans des zones où le cancer s'est propagé.
Tout traitement peut entraîner des effets secondaires, mais ces effets peuvent être évitables, traitables ou réversibles. Renseignez-vous sur les effets secondaires que vous pourriez éprouver et sur les solutions pour composer avec ces manifestations.
Si votre cancer colorectal s'est propagé, diverses possibilités de traitement s'offrent encore à vous. Demandez à votre médecin de vous parler des risques et des bienfaits des divers traitements. Votre médecin pourra vous aider à déterminer le traitement le plus indiqué
De nombreuses précautions peuvent vous aider à réduire votre risque de souffrir d'un cancer colorectal.
En vous soumettant régulièrement à un test de dépistage (p. ex. une coloscopie), vous ferez un grand pas pour prévenir le cancer colorectal. L'ablation des polypes pendant l'épreuve de dépistage peut stopper le cancer colorectal avant qu'il se développe.
En adoptant les habitudes de vie ci après, vous pourriez réduire le risque de souffrir d'un cancer colorectal :
- faire de l'exercice régulièrement ;
- augmenter sa consommation de fibres, de fruits, de légumes et de calcium ;
- parvenir à un poids sain et le maintenir ;
- cesser de fumer.
Discutez avec votre médecin du risque de cancer colorectal auquel vous êtes exposé et des mesures que vous pouvez prendre pour le réduire.
" La santé est une couronne sur la tête des personnes saines , que seuls les malades l’aperçoivent "

